Sous mille soleils étoilés

 

Sous mille soleils étoilés
La vie frémit
Dans la lumière bleutée
Qui jamais ne s'éteint
Les jours sont longs
Et ne prennent de repos
Que lorsqu'on clôt les yeux
Dans les brumes ou l'orage
Humant l'eau pure ou glauque
Les êtres vivent la permanence immuable
Certains les disent immortels
Ils ne font que passer
Au coeur d'un monde figé
Les feux sont fragiles
Et frêles les lianes nouées
Servant de lien entre les cités
Rebâties sans cesse par d'autres mains
Avec cette patience ancestrale des êtres
Résignés à regarder la pluie tomber
Mille noms pour l'eau qui ruisselle
Un par étoile
Et tous ces yeux mouillés
Dont les larmes perlent sans cesse
Se mêlent à la sueur
Des corps jeunes ou usés
Qui sait
Leur gestation immense
Les jette au monde naufragés
Sans nom
Jaillissant de la gangue boueuse
Ils naissent un jour
Sans rêves
Partant à la recherche de leur âme
Beaucoup périssent en route
Nul ne sait s'il faut les envier
Les survivants
L'océan les lavera
Et leur murmurera leur nom
Une étoile s'enfuira
Et ce sera la direction
Là-bas ils sont attendus
Maillons d'une chaîne
Qu'ils ignorent encore



Texte © de : Annie Pilloy


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