Monstres

A vous mes monstres chéris

Qui semblez m'avoir bannie

A tout jamais de vos mondes enchantés

Vous me manquez

La touffeur de vos fourrures et de vos esprits

La rugueur de vos langues bifides

Formulant vos noms comme autant de dons

Vous me manquez

Votre présence sourde et insistante

Votre art de vous immiscer dans ma vie

Apportant ombre et lumière à votre gré

Vous me manquez

Oyez monstres scélérats oyez les abois de mon âme

Je ne peux faire le deuil de votre connivence

De votre humour indécis et de vos larmes muettes

Vous me manquez

Et si l'on peut prier ou supplier les dieux iniques

Que valent mes amers regrets dans vos yeux jaunes

Que puis-je vous offrir pour vous charmer

Vous me manquez

Ne puis-je plus rien même pour vous

Mes mots vous ont-ils trahi ou desservi

Mes pensées ont-elles souillé vos noms

Vous me manquez

Comment concevoir la vie sans souffle rauque

Au creux de ma nuque avant de m'endormir

Comment vous retrouver avec mon âme devenue aveugles

Vous me manquez

Pourquoi la lune grise vous a-t-elle ravis

Était-elle jalouse de nos élans de tendresse

Quel est le chemin qui me ramènera à vous

Vous me manquez

Les landes les plus désolées et les grottes de vos contrées

Me semblent si douces

Qui me les a volées, qui a prononcé mon nom

Vous me manquez

Et je vous crois incapables d'avoir lancé contre moi

le sort qui nous a séparés

Je vous attends comme je vous ai toujours aimé

Infiniment... comme vous me manquez


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