Le temps sombre

Le temps sombre...

La chaleur moite et, déjà,

la rumeur tendre des feuilles fauves

referme doucement la porte du temps

L'eau absente consume

l'air rare

Le vent suspendu étouffe

le bruissement d'un ailé

les stridulations d'un autre

Le silence, pourtant,

malgré le lointain va et vient urbain

pèse comme un temps mort

trêve lourde entre hier et demain

Point de repère: néant

malgré les éphémères passants

Concentration extrême

maturation et dégénérescence

ramassés en l'espace de chaque instant

La vie s'en va, la vie s'en vient

lasse et légère

comme si rien, jamais, ne pouvait pervertir son cours.


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