Pendant ce temps, les chauves-souris s'étaient massées dans les arbres des alentours qui, malgré leurs branches nues, semblaient couverts de grappes mûres de fruits maléfiques et vivants.
Les loups étaient arrivés discrètement, rampant presque, et attendaient disposés en cercle parfait.
L'aile du rapace fendit l'air et les figures des papillons se dispersèrent au moment où les premières étoiles clamaient la victoire de la nuit.
Les pierres dressées tremblèrent, les loups resserrèrent leur étreinte attentive tandis que les chauves-souris éclipsaient les papillons, mêlées aux rumeurs du firmament.
La sol se tordit et se lézarda entre les loups hurlant à l'unisson de la colère de la terre.
Les êtres des airs dégagèrent alors le ciel et formèrent une couronne protectrice rendant un moment la colline invisible.
Et dans un ultime fracas, la glèbe la rejeta comme une lame de feu.
Elle tendit les bras vers les cieux, rappelant les ailés puis, en baissa un vers le sol tandis qu'elle gardait l'autre tendu, le poing serré. Elle reçut l'hommage des uns et la confiance de l'autre...
Partout alentour, il pleuvait. Mais elle s'en alla, abritée par des bruissements d'ailes, réchauffée de fourrures fauves et guidée par les yeux de la mort qui fond du ciel.
Et, de temps à autres, lorsque l'orage strie vos nuits de zébrures angoissées, ne voyez-vous pas, là-bas, passer un petit nuage fuligine, au ras des arbres ou des façades, là-bas...
12/05/1993
