Les Folles Escapades du Chambellan
 
Ma hantise : une "panne d'imaginaire et un retour a la realite", bien
pire qu'une "panne de lumiere et un retour a l'obscurite".
Une Sinécure. 
La Clairière aux Fées.  
Nounou(rs).  
N'Autonne.  
Branle Bas au Château  
 La folie n'est-elle pas l'ultime sagesse ?
Le chambellan fou donc presque sage.
 
 
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Une Sinécure. 
 
Comme convenu avec mon nouvel employeur, j'arrivai le matin de bonne heure dans l'antre de l'Alchimiste. Il commenca par m'envoyer querir dans des contrees lointaines des graines noires qu'il me recommanda de choisir point trop vertes ni trop desechees. Il me fit ensuite trouver moultes cremes et onguents qu'il voulait onctueuses. Il me les fit battre ne cessant de me repeter "fouettez assistant, fouettez donc jusqu'a obtenir une mousse consistante et cremeuse" et je vous jure qu'il refuse d'entendre parler de mixer sous pretexte que cela est affaire de "cuisine et de bonne femme". 
Il me fit ensuite placer le tout dans un grand chaudron et y ajouta subrepticement des poudres mysterieuses, nous celames ensuite le 
fourneau et il m'ordonna de lui rapporter le bois de trois chenes centenaires qui me fit tailler en buches. 

"Allumez un grand feu sous la marmite et souffletez jours et nuits, jusqu'a le porter a incandescence". Inutile de vous dire que j'ai 
maintenant gros bras et endurance a l'effort. 
Je vous passe les details sur cette penible periode de ma vie ou je trimai comme un galerien.

Quand tout le bois fut brule et le fourneau refroidi, nous le 
descellames et il en sortit un lingot noirci,  il en detacha un fragment qu'il mit sur sa langue, "hum je crois que nous avons reussi, ceci est du noir de noir 100% que je vais de ce pas porter en cuisine pour le dejeuner de notre Altesse". Sur ces paroles une anse du chaudron se detacha et je m'en saisis prestement pendant que mon patron deja dans le couloir me criait : "J'espere pour vous assistant que vous avez bien note tous les elements de cette recette". 

Je partis en courant et suis actuellement cache dans un endroit connu de moi seul. 

Le chambellan, planque qui laisse passer l'orage.
 
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La Clairière aux Fées
 
L'idee de rencontrer la mysterieuse Licorne Noire me tenaillait a m'en faire perdre le sommeil et l'appetit. Je me rendis donc a la bibliotheque consulter les grimoires et decouvris l'existance d'un lieu situe au coeur de la foret et appele "clairiere aux fees". 
Je notai le chemin et m'y rendis de bonne heure, je m'assis au pied d'un charme et me laissai envouter par le silence magique de la foret. 
Vers midi, un rayon de soleil perca la ramee et illumina l'herbe au 
centre de la clairiere d'une violente lumiere. Ce faiseau lumineux et le cercle dessine au sol etaient comme une porte dans un autre univers, quelque chose d'extraordinaire allait se produire, j'attendis le souffle retenu. 

Tout a coup une feuille de parchemin se mit a descendre en virevoltant dans le faiseau en meme temps qu'une colombe blanche presque invisible dans la lumiere venait deposer un bouton de rose pourpre.

Un message ?, je m'emparai du parchemin et lus : "Licorne Noire ma mie, je vous fait porter cette rose sublime a votre image afin de vous souhaiter une journee de bonheur", signe Pegase votre devoue. 

Ciel et enfer, aurai-je commis l'irreparable en lisant ce message ? Je le reposai par terre et retournai m'asseoir esperant le pardon. 
La journee se passa, le rayon s'eteignit doucement, la rose se fana et le parchemin s'envola, il ne me restait plus qu'a rentrer au chateau en  esperant ne pas etre surpris par l'obscurite. 

Le chambellan, toujours sous le charme.
 
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Nounou(rs). 
 
"Brrr, les couloirs du chateau etaient glaciaux, une bise incidieuse filtrait sous les portes, a mon avis Kriwi devait etre parti declarer sa flemme ailleurs". 

Je fus donc bien content de decouvrir accrochee a une pathere, une magnifique pelisse de long poils noirs avec un superbe noeud rouge, comme aucun proprietaire legitime n'etait visible, j'enfilai le manteau et decidai de rechercher un bon fauteuil dans un salon pour faire une sieste au coin de l'atre. 
Je poussai une porte et me retrouvai sur un gradin ou une file de messieurs tous vetus comme moi semblaient attendre un spectable. Je m'assis au bout de la rangee et regardai le tableau.  

Le vaste auditorium etait un veritable capharnaum fait de bric et de broc. En dessous de nous il y avait une rangee de jeunes filles en dentelles et robes a volant. 

Plus loin un regiment de soldats s'entrainait aux arts martiaux. Tout en bas tronaient des echoppes d'artisants : epiciers, mecaniciens peintres et sculpteurs. 
Au plafond des engins volants pendaient a des filins, ans un coin un lot de ballons multicolores attendaient des enfants et de nombreux 
projecteurs eclairaient les spectateurs et la scene. 

Je demandai a mon voisin "Quel est donc le titre de la piece que nous allons voir ?". Il resta muet, mais je percus une voix venant des coulisses qui disait "Nounou, je voudrais le grand nounours noir avec un noeud rouge .... Oui si tu es sage, le Pere Noel le mettra dans tes petits souliers ...." 

Moralite "Ne prenez jamais la peau de l' ours avant la noel" 

 
Le chambellan, jouet de son imagination.
 
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n'Autonne. 
 
Le soleil venait juste de se cacher derriere l'horizon et la penombre se rependait comme un brouillard. J'etais sur les remparts regardant la compagne disparaitre petit a petit quand je vis arriver une barque sur les douves conduite par un homme dissimile sous une cape noire. Surpris, je l'interpelai "hola messire Nautonier que faites vous a ramer ainsi sur ces eaux noires, votre barque semble bien lourde a manoeuvrer ?" 

"C'est que mon filet est bien lourd a tirer Messire", me repondit-il. 
Moi : "Vous pecher dans les eaux sombres des douves, qu'esperez-vous attraper a part des crapeaux ?".

Lui : "Je ne peche point de quoi fair friture, mon filet ramasse la melancolie du chateau qui s'ecoule dans les douves". 
Moi : "Et qu'allez-vous tirer de pareil butin ?" 
Lui : "Rien a mon profit, je fais le travail qu'il m'a ete confie et je vais ensuite vider mon filet sur la decharge". 
Moi : "Ou se trouve donc ce lieu surement malsain ?" 
Lui : "Voyez derriere les collines cette aurore verdatre et ces fumeroles de pollution, la se trouve la decharge". 
Moi : "Ce lieu porte-t-il un nom ?" 
Lui : "Oui Messire ils appellent cela la ville". 

Et il disparut dans l'obscurite de la nuit. 

 
Le bellan des champs qui ne voudrait pas etre belant de la ville.
 
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Branle Bas au Château
 
Quel ram-dam ce matin au chateau !, impossible de dormir tranquille. Je m'en vais de ce pas voir de quoi il retourne. 
Arrive dans une salle au rez-de-chaussee, je fus bouscule par le fou que j'interrogeai : "Holla Messire le Fou, que se passe-t-il donc pour courrir ainsi ?"Il me repondit en disparaissant dans un couloir en oblique : "Pas le temps, on me demande de toute urgence de l'autre cote !". 

Dans la grande salle je rencontrai le chevalier a qui j'emboitai le pas : "holla Messire le Chevalier, quel est donc cette agitation de grand matin ?". Il me dit "excusez moi j'ai fort a faire" et il fit un brusque ecart pour aller bastonner un laquai en livree noire. 
Je sortis par une porte derobee et essayai de me reperer, le soleil bas d'automne jouait a cache-cache avec les nuages, creant un jeu d'ombres qui donnait l'illusion que les tours d'angle courraient dans tous les sens. 

Je finis par trouver la cour principale ou regnait la plus grande pagaille. 
Des laquais en habits noirs chargeaient dans des chariots ce que d'autres en livrees blanches se depechaient de remettre a terre tout 
cela en chamaillant et s'injuriant a l'envi.

Le long du mur, se tenait un couple de personnes agees et de haut lignage, elle courrant en tous sens et donnant des ordres peu ecoutes, lui vieillard tout menu avancant sur ces gardes a petits pas mesures. 

J'apostrophai un des protagonistes et lui demandai : "Qui sont ces gens, des parents de son Altesse peut-etre ?". 
Il me repondit courrouce : "Je suppose, mais chaque fois qu'il viennent ici c'est le b.... !". 

Je quittai rapidement cette emeute pour trouver refuge dans le calme du jardin, en me demandant : "Pourquoi le Sidhe Architecte a-t-il donc change la moquette pour ces sinistres carreaux noirs et blancs ?" 
Et quel est donc ce herault qui tonitrue sur les remparts "Le Fou blanc est demande de toute urgence en A6 !" 

Personne n'a une arbalete pour le faire taire ?. 
  

Le chambellan qui pagaie dans la pagaille, non mais.
 
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