La Licorne Noire
 
Hennissement au fier destrier.  
Réponse à un mortel.  
Avec ma Solitude  
Mystérieuse Moi ? 
Corne de Licorne.
 
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Hennissement au fier destrier, 
 
Tu passes sans me voire.
Tu ne veux plus jouer a saut de mouton ?
Quand si proche de toi, brule celle qui veut
T'effacer dans l'ame un execrable voeu.
Soupconnes-tu, berce d'une vaine esperance,
Les ressources d'amour de nos differences?
Ta seul beaute ne te permet que pleurs :
Mais je porte les fruits dont tu perd les fleurs...
 La (belle) Licorne Noire
Mystérieuse Moi ? 
 
MYSTERIEUSE MOI, differente d'un songe 
Je ne rends plus au jour qu'un regard etranger
Vers la nuit mon ame est retournee
Je refuse l'aube et la jeune journee
Mes tenebres me font maitresse de mon sort,
Et ne livrent enfin qu'a l'heureux petit nombre
Cette innocente MOI que fait fremir son ombre
CERTES, d'un grand desir je fus l'oeuvre anxieuse.
MAIS je ne suis en MOI pas plus mysterieuse
Que le plus simple d'entre vous...
Mortels, vous etes chair, souvenance presage
Vous futes, vous serez, vous portez tel visage :
Vous etes tout, vous n'etes rien,
Supports du monde et roseaux que l'air brise,
Vous VIVEZ... Quelle surprise !...
Un MYSTERE est tout votre bien,
Et cet arcane en vous s'etonnerait du MIEN ?
C'est MOI... Tentez d'aimer cette jeune rebelle:
             "Je suis noire, mais je suis belle"
 
                                La Licorne Noire
 
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Réponse à un Mortel. 

Bonjour Licorne Noire, 

J'ai deja vu luire et palir trop de jours 
Dont je m'etais predit les couleurs et le cours.
L'ennui, le clair ennui de mirer leur nuance, 
Me donnait sur ma vie une funeste avance:
Immortelle, revant que le futur lui-meme
 Ne fut qu'un diamant fermant le diademe

Vous avez raison la licorne n'apparait aux mortels que sous forme 
d'images fugaces et breves, comme en passant au travers d'un rayon de soleil dans une clairiere. 

Mortelle, ta paupiere
Me refuse mes tresors,
Et ma chair ce fait pierre
Qu'il te fut tendre pourtant mon corps !

personne n'a jamais pu en aprivoiser une, seules les fees peuvent parfois les voir manger dans leur main etencore. 

O rigueur, tu m'es un signe
Qu'a ton ame je deplus !
Pourtant le silence au vol de cygne
 Entre nous ne regene plus !
Les tapisseries lamandes montrant gentes dames et licornes ne sont que representations par un artiste > d'un fantasme de demoiselle. 
Peuple stupide, tenant trop au Krist et de la Kroix
Helas, mon orgueil avait besoin de ses doigts !

Et d'ailleurs parfois, c'est de cette facon que 
certaines demoiselles apprennent qu'elles sont fees... 

Salut ! Divinite par la rose et le sel,
Et premier jouet de la jeune lumiere
Iles!... Ruches bientot, quand flamme premiere
Fera que votre roche, ile que je predis,
Ressente en rougissant de puissants paradis
Cimes qu'un feu feconde a peine intimidee
Bois qui bourdonnerez de betes et d'idees
D'hymnes d'hommes combles des dons du juste ether,
Ile ! dans la rumeur des ceintures de mer.
Rien n'egale l'oeuvre que vous realisez.

Mais cela est une autre histoire  et n'importe qui ne peut la conter... 
Seul savent ceux qui ont vecu... 

Cette lumineuse rupture
Fait rever une ame que j'eus
De sa secrete architecture.
La Licorne Noire
 
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Avec ma Solitude. 
 
Lors, de ma course lente,
Foulai les bois, les landes,
Cherchant en solitude
Ce qu'en sollicitude
Jamais je ne trouvai.
Qui se souvint de moi?
De qui furent ces rimes
Qui troublent mon émoi?
Était-ce donc un crime
Quand les hommes m'aimaient?
Làs, de ma course lente,
Foulant les bois, les landes,
En grande solitude
Ai perdu l'habitude:
Jamais plus ne pourrai.
Qu'un homme se souvienne
Et revienne vers moi,
Que de sa main me tienne
Et me rende l'émoi,
Que si lontemps quittais.
Lors, de ma course lente,
Quittant les bois, les landes,
De sa sollicitude
Ferai mon habitude:
En ses bras je pourrai.
Déesse souveraine,
Qui chasse en forêt,
Nul ne saura la peine
Qui te tient en ses rêts,
Car nul ne te connaît.
Làs, de ma course lente,
Perdue en bois, en landes,
D'infinie solitude
Ai fait mon habitude,
Et seule je vivrai.
Elle est dans les forêts
Comme grande ombre noire,
Galopant tête haute
Mais pleurant larmes noires
Car nul ne la connaît.
 
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Corne de Licorne. 
 
Cieux, son erreur ! Temps sa ruine !
Donner l'empire à cette amant,
Tous ces dons que je devine
Etincelle au lieu de néant !...
Mais, le premier mot de son Verbe,
MOI !... Des étoiles la plus superbe
Qu'ait parlés le fou créateur,
Je suis !... Je serai !... J'illumine
D'un doigt sûr et mystérieux !...
Je suis une ombre divine
De tous feux de la Séductrice !
 
Il leur suffit que tu soupires !
Les plus purs s'y penchent les pires,
Les plus durs sont les plus meurtris,
 
De qui relèvent les vampires ?
 
 
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