Nafren

 

Première Métamorphose.  
LA Réponse de SAP.  
Délivrance.  
Nidation.  
Sensation et Fantaisie.  
Ultime métamorphose.

 

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Premièretamorphose. 

Nafren est mon nom, et inquisiteur j’etais. Bourg etait mon lieu, depuis longtemps oublie.  Seul je m’en souviens, j’y suis seul survivant.  L’epoque etait faste, Bourg prospere, les gens heureux. Ils vaquaient aux champs, la recolte etait feconde, la vigne chargee de raisins. Tous trimaient dur. 

L’artisan chantait devant l’echoppe, les femmes enfantaient, les enfants riaient, les filles dansaient, les hommes s’amusaient, les vieillards doucement trepassaient. Arrivait famine parfois, tous en rechappaient.

Jamais soupçon d’heresie, pas l’ombre de fagot. Bagarres il y avait, mais la paix revenait. Ripailles il y avait,  point de friponnerie. Et jeune inquisiteur j’etais, respecte et aime. Je disais messe matin, et bondee etait la chapelle. 

Un vent violent  un jour decima le bourg.  Par miracle me relevai, seul, sans ouailles ni crucifix. J’implorais le ciel, tendais les bras. Je tombai par terre, et pleurai. Je pris bâton et gagnai la foret. Fruits, noix, fleurs et ecorces je mangeais. Rivieres, fleuves, lacs et ruisseaux  je m’abreuvais. Etoiles et nuit etaient mon toit, soleil et arbres etaient  mon guide. J’avais cesse de compter jours. J’avais retrouve la joie.

 

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Mon Cher Nafren, 

Tant absorbe que vous etiez par le recit de vos mesaventure et  votre melancolie adoucie par la boisson houblonnee qui coule dans notre fontaine, vous ne vites point l'air deconfit de Kriwi. Fort heureusement, celui-ci eut le bon gout de sortir en la cour avant de pousser un de ses celebres et devastateurs soupirs... Kyo et moi le suivirent neanmoins et une fois la bourrasque apaisee nous nous enquimes de ce gros chagrin de dragon, qui peut parfois se muer en pleurs oh combien devastatrice, tant pour l'environnement que pour ces animaux a tort consideres comme sans coeur... 

Voici donc ce qu'il nous confia, versant parfois larmes qui ont  fait deborder quelque peu les douves cette nuit, Christouille nous  pardonne. 

Je desirais continuer a vous raconter comment je suis arrivee en  notre chateau, ou, plus precisement en notre monde, et les dires de Kriwi anticipent quelque peu les miens, mais peu importe... 

Il y a tres longtemps, ma famille, mon peuple et les dragons vivaient en bonne intelligence dans le seul monde que nous connaissions et que nous croyions d'ailleurs unique... La se trouvait votre bonne ville de Bourg, comme tant d'autres et bien des pays... Sa destruction fut l'un des premiers signes qui fit prendre conscience a ma mere que les choses changeaient et qu'il nous faudrait un jour partir, pour la survie de tous, vers des cieux a nouveaux clements pour notre peuple. 

Ce que vous semblez ignorer, c'est l'origine du vent dement qui  emporta tant vos ouailles que les signes de votre culte... A ce titre, je  m'etonne grandement que vous y ayez echappe, vous comprendrez vitepourquoi... 
  
Au fur et a mesure que les prelats qui veneraient votre Khrist se  mirent en tete et surtout le martelerent dans l'esprit des autres que leur dieu aussi unique qu'inique etait le seul, le vrai et l'absolu, l'equilibre de notre monde commenca a se rompre... Ils pourchasserent inlassablement toute trace de croyances differente de la leur et il me semble meme que vous fites partie de ces absolus qui organiserent ce que l'on nomma la chasse aux sorcieres et aux heretiques et que retracent maintes chroniques historiques. Ce que l'on sait moins, car cela retirerait l'eau du moulin a paroles de vos dignitaires, c'est qu'ils poursuivirent de meme le peuple des fees et autres farfadets, qui, s'il livra maintes batailles pour conserver ses territoires, finit par se lasser d'une affaire qui etait peu sienne et par chercher un asile ou lutiner en paix... Il en fut de meme pour les fiers dragons qui collaboraient avec les nains forgerons. 

Souventes fois, on entendit quelque trop riche seigneur deplorer la  disparition de ses tresors les plus precieux... Certes c'etait bien la l'oeuvre conjuguee de nains et de dragons, mais les huumains s'etant 
appropries leurs mines les plus precieuses, il ne leur restait plus d'autre facon pour acquerir la matiere premiere necessaire a la pratique de l'art sacre de la forge...

C'est ainsi qu'un jour, Tyrag, lointain ancetre de Kriwi, et le  clan des Barborghs allerent imprudemment piller les objets de metal  precieux d'un grand chateau voute surmonte d'une kroix... La colere de son chapelain fut terrible et devant tout le bourg assemble, il decreta en brandissant son Krucifix, que nul homme ne connaitrait encore le repos avant que fut exterminee cette engence diabolique et ses suppots... Il parlait bien sur des dragons et des nains... 

Eux etaient a cent lieues de se douter des represailles qui se  preparaient. Les Barborghs prirent une partie du butin, et, comme a  l'ordinaire, confierent la garde du tresor a Tyrag et a sa belle Tahoura... 
Les deux dragons, comme il se doit, etaient fort amoureux, et les eons pendant lesquels ils avaient vole et chasse ensemble n'avaient fait que croitre cet amour absolu... Ils se retirerent dans leur grotte emplie dejoyaux et d'or et savourerent leur intimite. 

Tout alla pour le mieux, jusqu'au raid suivant... Tyrag, sans en  savoir le motif, etait fort nerveux ce jour-la... Neanmoins, il ne pouvait pas laisser tomber ses amis et les accompagna. A leur retour, nul bruit n'egayait la foret... Et c'est dans un silence de mort que retentit la plainte du dragon noir qui decouvrit sa compagne krucifiee et agonisante... 
Lorsque ces beaux yeux aux mille facettes eurent cesse de contempler un monde qu'ils ne comprenanient plus, Tyrag avait deja pris son envol pour accomplir son dessein... Pendant mille jours et mille nuits, il survola le pays et brula toutes le villes qui s'etaient mises sous la protection de la Kroix. Dans les villages ou certaines ames avaient ete epargnees par la croyance unique, il se contenta de balayer de son souffle les ames fideles au Krist et epargna les autres... 

 Apres avoir accompli sa vengeance, il disparut a tout jamais... Un  dragon ne peut mettre fins a ses jours d'immortel... Kriwi ne sait point ou il vit... 

Voila donc le recit que me fit mon dragon famillier... Ce qui  m'etonne, c'est, vu votre position au sein de l'eglise de la Kroix, que  vous ayez ete le seul survivant... Tyrag se fatiguait-il de sa veangeance ou... auriez-vous quelques secrets que vous nous auriez dissimule... 

Rapprochez-vou donc de l'atre et buvez quelques longues gorgees de  ce houblon ambre... Voila... J'attends la suite de votre recit avec  impatience... 

                                                SAP

 

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D’inquisiteur j’etais, nautique etait devenu.  Ecailles et nageoires 
bleutes, souffle et mouvance puissants.  Et moi dit Nafren, j’avais retrouve liberte. 

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Sensation et Fantaisie. 

Ponte je fis et repris mon envol. Vole, survole, virevolte troupeaux, 
bestiaux, oiseaux, porcs et condors.  Souris me nourris, citrouille, 
gargouille, grenouille, gribouille et vache enragée. Lune bleue au sommet.  

Chante, tangue et bouse et louve.  Sorcieres rencontrai,  en tutu ballet, pianissime. Saintes et vierges croisai, genoux et chapelets en lambeaux. 

Moiselles dentelles charnelles, fee serpent melusine. Clochers, vergers et troupiers, golfe, adolf, girofles, et tutti quanti. 
 

Et moi susdit dit Nafren, j’avais trouve sensation.

Cent ans, mille ans parcourai, lutin etais devenu. Champignons goutais, viviane et compagnes. Trolls, elfes et fairy queen. Mariane et robin, chatte et batman, mozart et tarzan. 
 

Et moi susdit ledit Nafren, j’avais trouve fantaisie.

Ultime Métamorphose. 

Passa lutin à crapaud, crapaud a lionceau.  Superbe criniere,  roi lion devenu, chassant la gazelle, grimpant la girafe, dumbo l'elephant, griffes affutees, crocs devorant, tuant les mechants, martyrs epargnant,  lechant le sang,  alouette entonnant, bon roi dagobert. Franchis froidure contrees, luxuriantes vallees,  torrides deserts, puis beau Nil bleu un jour atteignis. 

Et moi susdit ledit pour dit Nafren, j'avais trouve pays. 
 
 
 

Noire Kemet, Isis, Hathor et Maat. Deesse et princesse. Papyrus et Horus. Hymne, cygne, vin et lin. Biere et litiere. Croco et hippo, cherie et theti, cesar et laitue, scribe et soldat. Nefertiti otarie, ane d'autruche. Paysan et vizir, Oeil de Re, Hatchepsout et Toutank. Amon et Aton, Karnak et hamac. Reine vallee, tombe pillee, beaute etalee, est à ouest. Cone d'abeille, triade myriade, Cleopatre, patres et bergers. Scarabee, aspic, faucon et cobra.  

Et moi susdit ledit pour dit dit-on Nafren, j'etais devenu Pharaon. 

 

 
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