Les Contes Fabuleux de SAP
 
Les jumeaux - Un   
Les Jumeaux - Deux    
Les Jumeaux - Trois   
Les Jumeaux  - Quatre  
Les Jumeaux - Fin  
Transitions  
La trouvaille de Kriwi
 
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Les Jumeaux. 
(première partie) 

Il était une fois une fée qui avait deux apparences. L'une était celle d'une humaine à la longue chevelure noire. Sa beauté était au-delà des mots. Néanmoins, elle préférait de loin son autre apparence, si bien qu'après des éons elle arrivait encore à peine à se maintenir parfois sous une apparence de mortelle. Sa peau ordinaire était celle d'une merveilleuse féline au pelage gris bleu et aux yeux mordorés.  
Elle vivait au flanc d'une montagne et ne recherchait pas les contact avec les humains par ailleurs forts rares dans cette région réputée peu hospitalière... Peu à peu, son pays et son existence devinrent une légende, si bien que nevenaient plus dans cette contrée que quelque aventurier ou quelque désespéré priant qu'elle daigne se montrer à eux et leur vienne en aide,car son pouvoir avait cru de pair avec sa légende. 

Généralement, elle évitait de rencontrer ceux qui la cherchaient. Les aventuriers n'étaient attirés que par quelque prouesse dont ils pourraient tirer une gloire illusoire et les quémandeurs n'avaient guère le coeur pur et étaient souvent mus par des intérêts égoïstes et bassement matériels. Pourtant, elle savait que viendrait un chevalier dont la demande serait légitime. Mais comme le temps ne signifiait rien, elle continua sa vie de chasses et de méditations en attendant placidement sa venue. 

Un beau matin, elle flaira une odeur inconnue : le moment était venu. Plutôt que de s'éloigner de l'odeur de l'homme, comme elle l'avait fait jusque-là, elle en suivit le sillage et s'étonna qu'il se dirigeât droit vers sa tanière. Elle attendit qu'il y pénètre, ravive le feu et s'endorme, en toute quiétude avant de l'y rejoindre. 

L'homme, nullement surpris, ouvrit alors des yeux pareils aux grands lacs du nord et lui sourit, malgré qu'elle ait conservé son apparence ordinaire à tout le moins menaçante. 

- Que me veux-tu, étranger? 
- Pardonne-moi d'investir ton séjour, gente Maldeya, mais comme tu le sais, je me devais de venir te rendre visite. 
- Il est vrai que je le sais, mais j'aimerais entendre de ta bouche ce qui t'a mené jusqu'à moi sans la moindre crainte. 

- Le mage Kervin m'a révélé que je ne pourrais jamais m'unir à une mortelle : je mettrai ses jours en danger chaque fois qu'elle serait enceinte de mes oeuvres. J'ai voulu ignorer ses sages conseils, mais mes trois épouses sont mortes en couche en expulsant d'ignobles avortons. Pourtant, je les avais choisies robustes de corps et d'âmes fières, mais rien n'y fit. Quelque malédiction pèse sur ma destinée et je ne puis m'assurer une descendance. Comme tu ne peux l'ignorer, mon pays sera en grand danger si Sigismond, mon avide cousin, parvient à s'en emparer à ma mort. Sa cupidité n'a d'égale que sa cruauté et je tremble de voir mes sujets tomber entre ses griffes.. 

SAP
Merci ma Princesse,

Comme j'ai hate de m'assoir aupres de l'atre et entendre la suite de cette captivante histoire...Je pense que tu nous reserves beaucoup de surprises tout au long de cette narration.
Ne demandes pas au Mage-Sorcier de me delivrer de cet envoutement  j'y vois de si belles choses...
A plus tard

Preceptrice de son Altesse

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Les Jumeaux. 
(deuxième partie) 
 
C'est ainsi qu'Endevor passa toute une lune à manger, dormir et 
s'accoupler sans fin avec sa reine tantôt femme, tantôt féline, découvrant des sensations qu'il n'aurait jamais imaginées en compagnie de simples mortelles. 
  
Quand le cycle fut fini, il dut s'en repartir. Maldeya lui dit alors: 
- Tu reviendras dans neuf lunes prendre le fruit de nos amours. Tu passerasalors une nouvelle lune en ma compagnie, m'honorant encore, tandis quej'allaiterai notre progéniture. 
- Ainsi sera fait, répondit Endevor. Et il repartit. 

Neuf lunes plus tard, il revint à la grotte et trouva Maldeya allongée et nourrissant deux enfants de belle taille. Le premier 
ressemblait en tout point à son père et le second, bien que de forme 
humaine avait le corps entièrement couvert de poils gris bleus, comme ceux de sa mère. Endevor ne s'en étonna point.

- Quel est celui qui est né le premier, demanda-t-il néanmoins? 
- Je ne saurais te répondre. 
- Mais que faire alors pour choisir justement celui qui me succédera? 
- Tu n'auras point de choix à faire, mon ami, ces deux-là sont aussi liés que deux doigts le la même main. Ils régneront de pair et dans le meilleur intérêt de tous tes sujets, bêtes et hommes... 
- Seront-ils différents? Parleront-ils? 

Maldeya esquissa un sourire: 
- Ils ne seront différents qu'en apparence et cette apparence même n'existe que pour rappeler au bon peuple que ce sont les dieux eux-mêmes qui présidèrent à leur conception. 

Endevor sourit alors: 
- Ma reine, vous m'avez comblé au-delà de toute espérance. Et il prit dans ses bras les deux enfants-rois pour mieux les admirer...

 
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Les Jumeaux. 
(troisième partie) 

Lorsqu'Endevor rentra avec ses deux héritiers, les choses furent 
encore plus difficiles qu'il ne l'avait cru. Il eut toutes les peines du 
monde à trouver des nourrices qui acceptèrent de s'occuper de l'enfant qui ressemblait à Maldeya et il était si sauvage qu'il lui arriva de griffer le sein qui le daignait l'allaiter. 

Endevor décida alors de faire têter ses deux rejetons au sein de sa 
louve qui n'avait eu qu'un petit. Ils furent donc élevés ensemble, le 
louveteau participant aux jeux des enfants. 
Endevor s'inquiéta néanmoins que ses fils ne risquent de devenir 
des demi-animaux, incapables de vivre et de se conduire comme des êtres humains. Aussi, dès qu'ils eurent six mois, il limita le temps qu'ils passaient avec leur mère et leur frère adoptifs et les emmena partout avec lui, dans deux besaces pendues à sa selle. Au départ, les gens crurent que le petit velu était l'animal de compagnie de son frère, et beaucoup furent horrifiés lorsqu'il parla pour la première fois. Mais Endevor finit par parvenir à imposer ses fils, même si celui qui avait le plus hérité de sa mère continua souvent encore à effrayer, ou, à tout le moins à éveiller la curiosité.

Les prêtres et mages du pays voulurent tous voir les enfants et on 
rappela maintes fois à Endevor qu'il serait temps de les baptiser, quelque soit le rite de leur initiation. Mais Endevor n'arrivait pas à leur choisir un nom. Il partit donc demander conseil à Maldeya. Arrivé près de l'entrée de la grotte, il eut la certitude d'être observé mais ne parvint pas à entrevoir autre chose qu'une ombre se glissant furtivement entre les rochers. 
  
Maldeya fut très heureuse de le revoir, au point qu'elle se montra 
à lui sous l'image de la femme qu'il avait aimée. Elle l'écouta en silence et réfléchit longuement avant de lui répondre. 

Endevor repartit le lendemain, portant sur lui deux onyx tout 
pareils. Lorsqu'il en ferait un bijou pour ses fils, ils sauraient aussitôt 
leurs vrais noms et pourraient les offrir à leur père... 

                                                        SAP
 
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Les Jumeaux. 
(quatrième partie) 

Lorsqu'Endevor rentra au château, il fut surpris de constater que son voyage qui lui semblait n'avoir pris que quelques courtes semaines, avait duré l'équivalent d'une année pour les siens. Ses descendants marchaient à présent fort bien, et même s'ils se refusaient toujours à parler, ils comprenaient les paroles des autres. Le soir venu, leur père les fit venir dans la tour où il se retirait en compagnie de ses 
parchemins. Il les assit sur un banc, devant l'âtre. Sans mot dire, il 
sortit les deux onyx et les déposa sur une table basse devant les enfants.  

Pour ne le influencer d'aucune manière, il se plaça derrière eux. Ses fils échangèrent un bref regard de connivence et choisirent de concert chacun une des pierres qu'Endevor avait attachées à un lacet de cuir . Il se les mirent mutuellement autour du cou. « Katon », dit celui qui ressemblait à Endevor. « Notak », dit celui qui ressemblait à Maldeya. Leur père ignorait toujours s'ils avaient prononcé leur propre nom ou celui de l'autre. Il revint devant eux et s'assit sur la table basse, se plaçant entre les enfants et le feu. Endevor, fit-il en se désignant. Notak, dit le petit félin en désignant son frère. Katon, dit l'autre enfant en tendant son petit doigt vers son double.

Endevor qui aimait déjà ses fils au-delà de tout ce qu'il aurait pu 
exprimer comprit ce soir là que, pour ses deux enfants, ce serait toujours le souci de l'autre qui primerait sur le sien propre. Ce fut l'âme rayonnante de sérénité qu'il les conduisit à leur chambre, où les attendaient la louve et son fils. 

Les années qui suivirent, les progrès des jumeaux furent étonnants, 
tant dans le maniement des armes que dans l'art de la chasse. Ils montaient à cheval comme s'ils ne faisaient qu'un avec leur monture et Katon pouvait apprivoiser n'importe quel animal sauvage en le regardant dans les yeux. 
Mais il n'y avait pas que les bêtes sauvages qu'il envoûtait. Il lui 
suffisait de capter un instant l'attention d'une personne, fut-elle la plus hostile, pour que celle-ci s'en trouve immédiatement apaisée et reprenne son chemin ou ses occupations ne se souvenant même plus la raison de son irritation. Quant à Notak, le rayonnement de sa beauté était si remarquable qu'il ne devait même pas user de  charmes pour enjôler ses précepteurs ou les conseillers royaux les plus revêches. 

SAP
 
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Les Jumeaux. 
(fin) 

Les jumeaux reçurent l'éducation la plus complète qui se pouvait 
donner au royaume d'Endevor. Ils venaient d'avoir 17 ans lorsque leur père les fit mander. Le lendemain, les deux jeunes gens avaient disparu et personne n'osa seulement demander où ils étaient partis, ni pour combien de temps. 
  
Ils chevauchèrent trois jours et trois nuits, ne s'arrêtant que pour laisser reposer leurs montures. Ce n'est qu'une fois sortis du territoire familial qu'ils prirent le temps de découvrir tant les contrées que les animaux et les gens. Les contacts ne furent pas toujours aisés mais ils apprirent à défendre chèrement leur vie et à prendre parfois celle des autres lorsque cela était nécessaire. Nul endroit cependant ne les séduisit assez pour retenir leur désir de quête.

Un hiver, alors qu'ils parcouraient une région où ils n'avaient pas 
rencontré âme qui vive depuis des centaines de lieues, ils s'étonnèrent de sentir les effluves d'un feu. Ils nouèrent les rênes de leurs montures à un arbre et avancèrent à pas feutrés par la neige. Les flammes dansantes inondaient d'une surprenante clarté une petite clairière. Deux chevaux étaient attachés à proximité et somnolaient. Un auvent sommaire se dressait et une forme dissimulée sous des peaux sommeillait là, paisiblement. Katon 
et Notak s'approchèrent avec mille précautions et virent que c'était une jeune fille aux cheveux de feu. Ils se lancèrent un regard de connivence et, jetèrent de part et d'autre de l'endormie leurs manteaux de fourrure. 

Katon s'allongea contre son dos et Notak se lova contre son ventre. A ce moment, la jeune fille dit: je me demandais quand vous alliez me retrouver... Et ils s'assoupirent tous trois un sourire aux lèvres. 

SAP
 
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Transitions. 

Krinya et ses frères poursuivirent leurs errances. Ensemble, ils 
découvrirent tout le continent et ne trouvèrent nul endroit qui leur plaise autant que les jumeaux la terre de leur père et leur soeur le territoire de sa mère... De toute façon, les sabots de leurs chevaux ne pourraient pas les mener plus loin que les falaises qu'ils longeaient depuis des jours. 
Ils décidèrent donc de rentrer par le plus court chemin... Krinya s'accordanéanmoins le plaisir de visiter le royaume familial avant de regagner le sien. 
  
Lorsqu'ils parvinrent au château, Katon et Notak ne reconnurent 
personne. Plein de déférence, les laquais les menèrent néanmoins dans la salle du trône... Il leur fallut un long moment pour saluer leur père en l'homme qui y était assis. Ils n'avaient pas le sentiment d'être partis depuis plus de cinq années et dix fois plus semblaient s'être écoulés ici. 
Endévor était à présent frêle et décharné, sa barbe et ses cheveux rares étaient blancs comme neige... La main qu'il tendit vers les trois visiteurs ne tremblait pourtant pas... 

Après les retrouvailles officielles, qui légitimèrent à nouveau les 
deux héritiers, le père et ses enfants se retirèrent dans les appartements privés. Ce qu'ils s'y dirent, nul ne le sut jamais, mais c'est la mine bien grave pour des visages aussi jeunes que Krinya, Notak et Katon quittèrent le château et partirent demander conseil à Maldeya. 

                                                        SAP
 
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La trouvaille de Kriwi. 
  
Oui... Entrez... 

Ah, mon Kriwi... Dis-donc, heureusement que j'ai fait agrandir les 
portes de mes appartements, hein... Sinon, tu ne pourrais plus rentrer... Aouhhhh... (baillement!!!) Ben oui, t'es flappi toi aussi a l'heure de l'eclipse, mon pauvre... Les deux conspirateurs aussi, sans 
doute, sont sur le point de s'assoupir... Alors, toujours pas retrouve 
la formule magique de distillation? A te voir hocher la tete, con  ne 
dirait pas... T'as d'ailleurs l'air un peu bizarre... Trop de degustations???  
  
Viens, mon gros, rallume-moi ce feu et on va se faire une tite sieste 
devant, la, tous les deux... Tu me promets de ne pas trop ronfler, hein... Hummmmm, qu'est-ce que c'est confortable, un dragon pour faire la sieste, quand meme... T'as du bien manger, toi, pour avoir un ventre aussi rebondi... T'as ete faire un tour dehors, avant de venir? Oui... Puis a voir ton air, ca a du etre agreable... Dis, Kriwi, tu rougis un peu la? Comment ca, t'es rouge de toute facon? Bien sur, mais, a voir ton expression... T'aurais rencontre ta damoiselle dragonne? Non? C'est pas ca? Bon, OK, t'as le droit d'avoir tes secrets mon gros, de toute facon, moi je tombe de fatigue... 

Kriwi, s'te plait, je t'avais dit de pas ronfler... Comment ca tu ne 
ronfles pas? Ooops, merde, ca glisse tes ecailles quand ton ventre est aussi rebondi... Mais au fait, Kriwi... Ton aile droite est pliee de 
bien etrange facon depuis tout a l'heure... Eh!!! Mais le bruit viens de la... Kriwiiiii... Qu'est-ce que tu me caches? Pourquoi tu deviens 
pourpre et tu baisses des yeux attendris, la? Allez, montre-moi...

Oh, Kriwi, c'est quoi, ce petit paquet de poils tigre de jaune et noir... Qu'il est mignon, c'est un bebe de gros chat on dirait. De tres gros chat, tu me dis... Encore plus gros que ca? Oh la, ca va en prendre de la place quand ca va grandir! Comment ca on le garde, alors... Ben je 
sais pas moi... Laisse-moi voir ca de plus pres... He, c'est lui qui 
ronronne... Comment, c'est normal, il t'a deja adopte? Mouais... T'as 
toujours l'art, toi hein, pour attendrir les gens... Deja quand t'etais 
petit... Enfin, passons...  

Bonjour bestiole... T'as vu Kriwi, il me leche, il est vraiment gentil 
et... Aie, hey, il m'a mordu... Pourquoi t'as un tel air navre, Kriwi? 
C'est pour ca que sa mere l'a abandonne? Ses dents ont pousse trop vite, plus vite que ses freres et soeurs... Oh, pauvre petit... Elle ne 
pouvait plus l'allaiter dans sa poche... Oui, bon, ca va j'ai compris... 
Allez, file a la cuisine demander du lait a Lady Nounou, on va voir ce 
qu'on peut faire... 

Allez, gros monstre, arrete de regarder cette bestiole avec cet air 
attendri, il a faim ce petit... 

Un dent de sabre... marsupial en plus... Cette terre a encore quelques surprises a nous reveler, ce me semble... 

 SAP
 
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